Partagez | 
 

 Reine Aliel

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Reine Aliel
La Sorcière sans âme

avatar

Messages : 83
Date d'inscription : 06/06/2011
Age : 25
Où es-tu ? : En train de vous faire faire des cauchemars.

Petites pensées et rêveries distraites
Ceux qui ont croisé ta route:
Ce que tu as sur toi:
Ton rêve préféré:

MessageSujet: Reine Aliel    Jeu 15 Sep - 9:17

  • FICHE D'ALIEL



~> Ton vrai nom de famille & prénom : Alice Liddel
~> Ton nom/surnom à Dreamland : Aliel, aussi nommée la Reine.

~> Fille ou garçon (ou indéterminé) ? Fille.
~> Ton âge : Une vingtaine d'années.
~> Lieu de naissance : A Édimbourg, dans la réalité.

~> Le groupe auquel tu appartiens à Dreamland : Destructeurs de songes
~> Ton futur rang : La Sorcière sans âme


  • FAIS-NOUS VOIR TA FIGURE :



~> Ton apparence physique :
Inutile de préciser qu'Aliel est une femme ; une femme qui se montre si peu qu'on ne sait si elle est belle ou laide, attirante ou repoussante. Elle a l'air jolie, mais comme elle prend soin de se rendre inquiétante et mystérieuse, il est très difficile de la qualifier.
Elle porte un masque sur les yeux en permanence, parfois simple, parfois extrêmement sophistiqué. Il ne laisse entrevoir que son regard d'un bleu gris glacial mais qui, quand elle s'énerve, paraît virer au noir. Mais ce n'est sans doute qu'une impression liée à la peur qu'elle engendre. Aliel a toujours une expression impassible, sauf quand elle s'énerve ; là, son visage se change en une monstrueuse grimace...
Ses robes (parce qu'elle ne revêt que des robes) sont parfois légères, mais souvent, elles la couvrent jusqu'au cou. On ne sait ainsi pas grand-chose de son physique, à part qu'elle est très grande et plutôt svelte. La Reine est également jeune, même si c'est une adulte et que cette seule condition à suffit à la reléguer au rang de paria...
Enfin, elle ne se sert pas de son corps. Elle préfère utiliser sa tête. Personne n'a donc jamais vu à quoi Aliel ressemblait sous sa couche de vêtements. Et personne ne tient à le savoir, semble-t-il...
Même si elle voit rarement la lumière du jour, Aliel a la peau plutôt foncée et légèrement grisâtre. C'est sans doute un effet de son séjour prolongé dans la Forêt de Rouages... Ses cheveux sont noirs et longs mais elle les dissimule sous des voiles et des foulards, sans raison apparente.

~> Ta tenue vestimentaire favorite :
Quoiqu'il arrive, Aliel porte des robes. Elles sont souvent (toujours, même) de couleur sombre mais sont si ornées qu'il est difficile pour elle de passer inaperçue. Aliel ne fait pas étalage de sa richesse, car en fin de compte, elle n'en possède pas, mais porter ce genre de bijoux est pour elle le meilleur moyen de rappeler qu'elle se distingue d'autrui et que donc, elle est supérieure aux autres. C'est peut-être aussi une façon de passer pour une femme plutôt qu'une enfant ; enfin, tout le monde sait qu'elle est adulte, ses efforts sont donc vains... Mais n'allez pas chercher une quelconque logique dans son comportement.
La particularité d'Aliel est de porter des masques qui cachent le haut de son visage et lui donnent une allure mystérieuse. Personne n'a jamais vu ce qui se cachait sous ces voiles : la Reine ne laisserait personne regarder son visage. Peut-être a-t-elle quelque chose à cacher de ce côté...



  • QUEL CARACTÈRE !



~> Caractère de ton personnage :
Il n'y a pas deux personnes comme Aliel. Et heureusement ! Ce n'est pas le genre de femme dont on apprécie la compagnie. Et la Reine fait tout pour que ça reste ainsi. Elle est bien mieux seule. Tout le monde en a après son pouvoir, de toute façon. Même ceux qui se prosternent à ses pieds !
Il est sûr et certain qu'Aliel a perdu l'esprit. Elle est peut-être même folle à lier. Apparemment, son long séjour dans le royaume des cauchemars ne lui a pas réussi... mais n'allez surtout pas le lui dire ! Il faudrait être inconscient pour oser la critiquer...
Elle est aigrie, comme tous les adultes. Et si elle se montre douce et aimable avec vous, c'est mauvais signe : elle a sans doute une idée cruelle derrière la tête... Inhumaine, il semble qu'elle trouve du plaisir à voir souffrir les autres. C'est certainement dû à la manière dont on s'est conduit avec elle dans le passé. Mais notre chère Aliel ne devrait pas oublier qu'adopter le comportement de ses ennemis est le meilleur moyen de s'abaisser à leur niveau...
Quoiqu'il en soit, elle est têtue est bornée. On ne discute pas ses ordres. Et le moindre signe de contestation peut vous conduire droit à la mort. Vous l'aurez compris, Aliel n'accorde pas beaucoup de valeur à la vie humaine. Pourquoi faire, après tout ? Nous sommes dans un rêve, rien n'est réel, ici-bas, et la mort n'est rien de plus que la fin d'un rêve...

Mais derrière ce masque de méchanceté et de dureté, Aliel demeure quelqu'un de sensible. C'est après tout une enfant, une fillette qui a grandi trop vite dans un monde qui n'était pas fait pour elle. Elle cache bien ses sentiments derrière ses caprices et ses fureurs, et il est possible qu'elle s'isole de tout pour ne pas révéler ce qu'elle ressent vraiment. Douleur ? Humiliation ? Elle fut la première protégée du Conteur, et le fait d'avoir été bannie de chez lui pour une faute qu'elle n'a jamais commise est pour elle une véritable trahison. Elle a le sentiment d'avoir perdu sa deuxième famille, la seule qui l'a comprise - du moins à une époque. Et elle se demande si sa vraie famille ne serait pas meilleure que celle qu'elle avait trouvé à Dreamland...

~> Ses goûts :
Aliel n'aime rien. Elle déteste Dreamland, les rêves d'enfants la dégoûtent, et elle hait les cauchemars au milieu desquels elle vit. Elle n'aime même pas ses disciples, ni même les personnes qu'elle a séquestrée dans son royaume. Et contrairement à ce qu'on l'on essaye de faire croire, non, elle ne mange pas les enfants. Mais l'envie pourrait lui prendre un jour ou l'autre...
Elle adore toutefois provoquer la peur. C'est son passe-temps, faire peur à tout ce qui respire. On pourrait dire qu'elle prend plaisir à lire l'effroi dans les yeux de ceux qu'elle croise. Que voulez-vous, elle est censée être folle, après tout...

~> Son ou ses buts :
Ses buts ? Elle en a beaucoup... Le plus inquiétant de tous est qu'elle désire anéantir son ennemi juré, Le Conteur. Vengeance personnelle ? Sans doute, puisqu'il l'a honteusement bannie de sa Maison de Poupées... Aliel voudrait l'étriper de ses mains et se baigner dans son sang. Enfin, c'est ce qu'on raconte. Qui sait ce qu'elle veut vraiment ? Il la gêne dans ses plans. C'est vrai, sans lui, il n'y aurait plus de Dreamland, donc plus de ces maudits rêves d'enfants, et elle pourrait enfin retrouver le monde réel, qui lui a tant manqué. Sans lui, elle pourrait retourner vivre dans un monde qui accepte la rationalité des adultes...
Mais bien sûr, tout ceci serait trop facile. Aliel cache bien son jeu. Il est possible qu'elle veuille prendre la place du Conteur et lui voler ses pouvoirs. Ce serait si bien de pouvoir contrôler tous ces songes... Elle pourrait peut-être même redevenir l'enfant qu'elle était autrefois, et retrouver l'innocence qu'elle a perdue...



  • RACONTE-NOUS TON HISTOIRE :



"Row, row, row your boat ! Gently down the stream ! Merrily, merrily, merrily ! Life is but a dream !"

Je les écoute chanter avec leurs voix criardes. Qu'est-ce que c'est désagréable ! Si seulement je pouvais leur clouer le bec une bonne fois pour toutes... Et dire que ce sont mes sœurs... Je ne crois pas qu'elles méritent ce titre. Enfin, elles sont gentilles... quand elles le veulent bien.

"Rock, rock, rock your boat, gently side to side ! Let's go for a ride !"

Pourquoi ai-je accepté cette promenade en barque ? Cette rivière pue la vase, leur chanson est nulle, et elles sont plus pénibles que des pies ! Quel cauchemar... J'aurais mieux fait d'aller me promener seule. Mais Mère a voulu que je les accompagne, comme toujours... "Tu es trop jeune, tu serais perdue sans tes aînées..." Et bla bla bla...

"Tu viens jouer, Alice ?
-Oh oui, viens jouer avec nous !
-Allez, viens !"

Mais c'est qu'elle essayent de me traîner à l'eau, ces pestes ! Je leur ai pourtant dit qu'elles se baigneraient sans moi... Elles n'écoutent jamais rien !

"Lâchez-moi ! Mais lâchez-moi, vous dis-je ! Je ne veux pas me baigner ! Susy, arrête de m'éclabousser, ou je dirai à Mère que tu as tripoté des grenouilles !
-Tu lui diras pas, parce que tu as peur ! Elle a peur, Alice, elle a peur des grands", fredonne ladite Susy.

Elle est plus âgée que moi, mais on dirait un bébé... L'une d'elle m'attrape vers les cheveux et me tire en arrière. Surprise, je bascule... et je plonge la tête la première dans l'eau glacée.
Je me redresse en crachant de l'eau. Trop, c'est trop. je les déteste ; je les hais ! Je suis trempée et ma robe colle à mes jambes, mais je me dirige jusqu'au rivage et, sans un mot, je disparais dans les broussailles. Les autres, trop occupées à rire et se moquer, ne me suivent pas.

"Si Père te voit rentrer dans cet état, il te donnera le fouet !" s'écrient-elles en chœur.

Ça les amuse sûrement. Mais elles, elles n'ont jamais eu droit au fouet ; elles sont trop sages pour cela... Elles iront certainement raconter que j'ai voulu faire la maligne en me jetant à l'eau. Et Père et Mère les croiront. Et je serai punie. Les plus grands ont toujours, raison, évidemment... Et ils sont si méchants. Injustes !

"Life is but a dream... Life is but a dream... Life is but a dream..."

Quelle comptine agaçante... La vie n'est rien qu'un rêve ! Un rêve... Si c'était le cas, cela se saurait ! Et qu'est-ce que ce serait bien... Oui, pouvoir faire tout ce qu'il nous plaît sans penser aux adultes, ce serait incroyable !
Je suis un chemin qui serpente entre les arbres. Où suis-je ? Bonne question. Mais je m'en moque. Plus je serai loin d'elles, mieux ce sera. Elles n'ont qu'à rentrer sans moi ! Je suis assez grande pour retrouver seule le chemin de la maison. Je vais leur prouver que je suis capable de tout faire comme les grands.
Ma robe m'empêche de marcher correctement ; pire encore, les branchages l'ont déchirée à plusieurs endroits. Qu'est-ce que je vais raconter à Mère ? Oh, un papillon... Et si je le suivais ? Il me ramènera peut-être à la maison. C'est qu'il va faire nuit, bientôt. Et il brille tellement... Il est si joli... Je veux le suivre... Non, je dois le suivre. Il semble qu'il m'appelle. Oui, c'est ça ! il veut que je le suive.

Attends-moi, petit papillon ! Tu vas trop vite pour moi. La forêt devient vraiment épaisse. Et il y a plein de gros champignons, ils sont plus grands que moi, plus grands que les adultes encore ! Il fait nuit. Non, il fait jour. Oh, je ne saurais le dire. Ça m'est égal, le papillon veut m'emmener chez lui. Il y a plein d'oiseaux qui virevoltent près de moi. Et plus trace de Susy et des autres. Bon débarras ! Et quelle est cette grande maison ? Je n'en ai jamais vu de telles. Elle est si colorée !
Le papillon y entre. Je vais le suivre ! Après tout, ça ne peut pas être dangereux ! Celui ou celle qui vit ici est sûrement gentil. En tout cas, sa maison est vraiment originale. Il y a plein de jouets partout ! Je n'en ai jamais vu autant... C'est si grand !

"Bienvenue à Dreamland, Alice", chuchote une voix près de mon oreille.

Je fais volte-face. Une silhouette brumeuse, entourée de papillon, me regarde en semblant me sourire.

~°~

"Conteur ! Conteur ! Conteur !"

Je l'appelle mais il ne répond pas. Il doit encore être occupé je ne sais où dans la Maison de Poupées. Mais j'ai une question importante à lui poser ! J'ai beau courir partout, je ne le trouve pas. Où est-il passé ?
Il n'est même pas dans sa chambre. D'habitude, il y passe tout son temps, et je suis la seule à y être invitée tous les jours. Il dit que j'ai ce privilège parce que je suis la première enfant qui l'a rejoint. C'est un grand honneur... J'aime beaucoup Conteur. Il est toujours gentil avec moi, même s'il ne parle pas beaucoup. Et il déteste les adultes !
Je mets mes mains en porte-voix et crie dans la pièce :

"Coooonteuuuur !"

Il apparaît tout à coup à ma droite. Forme voilée, regard lointain. Des papillons translucides volettent autour de son visage. Le même Conteur que toujours... Je m'approche de lui.

"Conteur... les autres ont dit que je valais moins qu'eux, parce que je grandis. C'est vrai, Conteur ? Je grandis ?
- Mais non, Alice, répond-il de sa voix ténue. Tu ne peux pas grandir. Personne ne peut grandir à Dreamland."

Ai-je rêvé, ou bien a-t-il vraiment l'air d'hésiter ? Étrange... Il a toujours la même expression impassible, mais quelque chose a changé. Il joue nerveusement avec les coutures de sa robe.

"Tu es sûr, Conteur ?"

Je ne veux pas devenir une adulte ! Ce serait horrible de ressembler à Susy ou à Mère. D'ailleurs, je me demande ce qu'elles sont devenues. Je n'y pense plus ; c'est si facile d'oublier la réalité quand on vit ici !
Il hoche la tête et disparaît sans me donner le temps d'insister. Bizarre... Il va falloir que je mène ma petite enquête. S'il ne veut pas me répondre, tant pis ! Je me débrouillerais toute seule.

Je m'approche d'un miroir pour observer mon reflet. Yeux noisettes, cheveux bruns tirés en arrière, quelques tâches de rousseur. Je ressemble à tous les enfants. Pourquoi disent-ils que je deviens adulte ? C'est faux... Enfin... Il y a bien quelques petites choses qui ont changé... Et que j'essaye de cacher. Mais ce n'est pas important... Et ça ne veut pas dire que je deviens vieille ! Les adultes n'ont pas le droit d'exister à Dreamland, c'est le Conteur qui l'a dit !

~°~

"Regardez ! La trappe est ouverte ! Et il y a de la lumière !
- Vous croyez que Conteur s'y trouve ?
- Je n'en sais rien, mais ce que je sais, c'est que c'est bien caché. A mon avis, il ne veut pas qu'on descende. Il nous l'a interdit, je vous rappelle ! Si on lui désobéit, il nous renverra chez les adultes...
- T'es qu'une poule mouillée, toi ! Je suis sûre qu'on y trouvera encore plus de jouets que dans la Maison !"

Je suis au milieu des enfants, en train de regarder par la trappe dissimulée sous le lit du Conteur, dans sa chambre. D'habitude, elle est fermée à clé, mais en allant chercher Conteur pour jouer, nous l'avons trouvée grande ouverte... J'ouvre la bouche pour couvrir leurs piaillements :

"Maintenant, il faut se décider : qui descend le premier ?
- Je vote pour Alice !" s'écrie un nabot qui m'arrive à peine à la taille.

Je les regarde tour à tour, sourcils froncés.

"Oui, toi, Alice ! Tu dois y aller ! C'est toi la plus grande ! renchérit une deuxième enfant en se fourrant les doigts dans le nez.
- Puisque vous insistez, je vais le faire ! Mais vous avez intérêt à me suivre ! Ou je vous donne à manger au croque-mitaine !"

Et je me glisse sous le lit, puis par la trappe ouverte, sans un regard en arrière. Ils feront moins les malins dans quelques minutes ! Dans le noir, je trébuche et je me retrouve sur les fesses, à glisser le long d'une pente. Impossible de m'arrêter, dans ce toboggan infernal ! Lorsque j'arrive en bas, j'ai le temps de regarder en arrière. Je ne peux plus faire machine arrière. Oh non ! Et si Conteur me trouve ? Qu'est-ce que je vais lui dire ?
Puis un bruit rauque me fait tourner la tête. Quel étrange endroit. C'est tout noir, mais on y voit assez pour distinguer quelque chose. Il y a des objets qui s'agitent au loin... on dirait des ciseaux et des engrenages. Cela ne ressemble pas à la Maison de Poupée. C'est si gris ! Et il y fait un froid de canard.
Le pire, c'est encore les bruits. Des sifflements, des grondements, et même ce qui semble être des hurlements... On se croirait dans un cauchemar. Mais c'est impossible, il n'y a jamais eu de cauchemars à Dreamland ! Malgré moi, je tremble de peur...

Conteur est assis sur le sol un peu plus loin, recroquevillé sur lui-même. Sa belle robe blanche, dans la pénombre, paraît tâchée de sang. Il me fait un peu peur... Mais je m'approche quand même. Je dois lui demander pardon.

"Conteur... ?" Pas de réponse. "Conteur, je te demande pardon... Je ne voulais pas venir ici sans ta permission..."

Enfin, il se retourne. Il a le regard noir, les yeux fous ; on dirait qu'il me hait.

"Approche. Regarde-moi."

Il a une voix caverneuse. Rien à voir avec son chuchotement habituel. Est-ce bien notre Conteur ? J'obéis, et incapable de soutenir son regard, je baisse les yeux le temps qu'il m'observe sous tous les angles. Puis son visage change encore et devient un masque hideux.

"Adulte.
- Quoi ?"

Sa respiration est saccadée ; on dirait un enragé. Ses doigts s'agitent furieusement, et il n'y a plus de papillons autour de lui.

"Tu es devenue adulte. Adulte. Adulte."

Je me regarde, décontenancée. C'est vrai que j'ai beaucoup changé ces derniers temps... Je ressemble à Mère, enfin, d'après les souvenirs qui me restent... Et je n'ai plus beaucoup envie de jouer. C'est bizarre, mais je n'y peux rien... Et je ne suis pas une adulte.

"Tu es... une adulte. Une sale adulte... Tu n'as pas à être ici. Tu n'existes plus pour nous ; va-t-en.
- Mais...
- Va-t-en d'ici ! hurle soudain le Conteur, la face défigurée par la colère. Va vivre avec les cauchemars ! C'est tout ce que tu mérites !
- Je n'ai absolument rien fait ! je réponds sur le même ton.
- Va-t-en ! va-t-en ! va-t-en !!!"

Horrifiée, je recule lentement loin de lui A-t-il perdu l'esprit ? Je ne vois que cela, comme explication. Je ne lui ai rien fait ! Pourquoi hurle-t-il ainsi ? Cela fait tellement longtemps que je vis ici ! Il ne va quand même pas me chasser ! Je n'ai rien fait de mal ! Et je ne suis pas une adulte !

"Je sais... Tu ne m'aimes plus, c'est ça ? Tu t'es lassé de moi, tu ne veux plus jouer avec moi ! Tu disais qu'on jouerait toujours ensemble, mais c'était un mensonge... Tu m'as menti, Conteur ! Menteur ! Menteur !"

Soudain furieuse, je lui hurle tout un tas d'obscénités à la figure. Lui, il se lève, et il tend le doigt vers moi. Je sens des choses s'enroule autour de mes bras, de mes jambes et de ma taille. En une seconde, je suis ficelée, je ne peux plus bouger ! En tirant un peu sur ce qui me ligote, je constate que c'est de la toile d'araignée. Beurk ! Depuis quand le Conteur sait-il faire ça ? Quelle importance ! J'ai envie de lui mettre des claques. Il m'a trahie !

"Tu n'es qu'un sale ment... hmpf !"

Je n'ai pas le temps de terminer : une toile me recouvre la bouche. Puis les yeux, et enfin, les oreilles. Mon dieu, dites-moi que c'est un cauchemar, et que je vais me réveiller ! Mais je ne me réveille pas, au contraire. Morte de peur, je sombre dans l'inconscience...

~°~

Je suis une adulte, et les adultes ne rêvent pas. Le Conteur avait raison : je n'ai pas de raison de vivre dans ses rêves. Eh bien, qu'il y reste. Je préfère mes cauchemars. Ils me faisaient peur, au début ; mais j'ai grandi. Je ne suis plus la petite fille d'autrefois. S'il savait ce que je suis devenue... Il en perdrait ses papillons.
Mais il me reverra bientôt... Et je lui prouverai que même les adultes ont le droit d'exister à Dreamland.

Il m'a exilée au milieu des cauchemars, le malheureux. Mais il n'a pas pensé que je vivrai toujours. Alice n'existe plus, cependant. Désormais, c'est Aliel, la reine de la Forêt de Rouages et des Cauchemars. J'ai dompté les mauvais rêves et les machines, et j'en ai fait mes serviteurs. Je suis leur souveraine, qu'ils le veuillent ou non.

J'aurais pu retourner à la Maison de Poupées, mais je ne tenais pas à le revoir de si tôt. Je le déteste, je le hais, je voudrais le tuer de mes mains. Un jour, il paiera pour cette trahison. Je sais qu'il ment aux enfants en leur racontant des sornettes ; les mêmes que celles qu'il a voulu faire entrer dans mon crâne. Et ces petits idiots le croient. Ils sont tous plus bêtes les uns que les autres, mais ils peuvent devenir une arme très puissante. Si on les pétrit correctement, il se changent en de dociles petits soldats. J'en ai déjà quelques-uns auprès de moi. Ils sont faibles, mais ils m'appartiennent. Ils s'occupent parfaitement de mes précieuses machines, et ils en fabriquent de nouvelles jours après jour. J'en aurai bientôt assez pour me lancer à la recherche du coeur.
Ils s'imaginent qu'en récupérant le cœur de Dreamland, ils pourront rentrer chez eux... pauvres petites choses. Rien ne les attend dans la réalité.
Mais lorsqu'ils ne me seront plus utiles, lorsque le cœur m'appartiendra, je les renverrai dans les pattes de leurs parents. Je ne garderai que les forts, ceux qui me seront fidèles à jamais.

Qu'ils me craignent ! Si ça les empêche de dormir, tant mieux. Puisque le Conteur se nourrit des rêves des autres, moi, je me nourrirai de leurs cauchemars. De leurs cauchemars et de leurs peurs. Personne n'imagine à quel point la terreur peut être succulente...
Ils verront tous que les cauchemars valent mieux que les rêves. Et bientôt, je prendrai la place du Conteur.


"Et je redeviendrai Alice..." pensa la Reine Aliel en entrant dans la geôle glaciale. Le garçon qui se trouvait dans la cage lui rappelait le Conteur. Petit, roux, pâle comme la mort. Il venait d'ailleurs de chez lui. Ses amis devaient tous croire qu'il s'était fait manger par la méchante sorcière...
C'est pourquoi elle allait se faire un plaisir de le briser. Il était à elle, celui-ci. Un de moins pour Conteur, un de plus pour Aliel. Plus le temps passait, plus elle en récupérait. Parfait...

Aliel saisit le petit par les cheveux et le traîna hors de sa cellule, dans l'obscurité où les mauvais songes, affamés, étaient à l'affût d'une nouvelle âme innocente...




  • QUI SE CACHE DERRIERE CE MASQUE ?



~> Quel est ton nom/pseudo ? Aliel suffira amplement, mes petits... Mais pour les intimes, appelez-moi Kivelio.

~> Ton âge ? 19 ans.

~> Comment as-tu découvert La Mélodie des Rêves ? J'en suis la fondatrice avec Le Conteur.

~> Un petit commentaire ? Endive au jambon.

~> Code du règlement :
Code validé par... moi-même.

------------------------------------------------------------------------------
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://melodiedesreves.forumgratuit.org
 
Reine Aliel
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» La Reine est arrivée. Prosternez-vous. (Dante)
» «La Reine Nègre» Victor-Lévy Beaulieu s'explique
» Amy of Leeds : Reine de Coeur, à vous l'honneur !
» La Reine du Rock se présente !
» Un petit mot sur la reine...Haitienne du Canada

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
La Mélodie des Rêves :: Faisons connaissance ! :: Dis-moi qui tu es ! :: Fiches acceptées-
Sauter vers:  
Créer un forum | © phpBB | Forum gratuit d'entraide | Contact | Signaler un abus | Forum gratuit