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 Dream or nightmare ?

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Nannerl
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MessageSujet: Dream or nightmare ?    Ven 11 Nov - 20:25

Nightmare in Dreamland


    Je regarde mes doigts. C'est incroyable comme ma main est fine, presque squelettique en fait. Et puis quand on l'observe bien, on se rend compte qu'elle parait un peu translucide tellement elle est blanche. Je remue l'index, puis le pouce, l'annulaire, puis m'arrête. Je en sais pas à quoi penser. Pourtant il y a tant de choses auxquelles je peux réfléchir. Mais d'ailleurs, pourquoi est ce que mes phrases, ou mes pensée son pleines de “je” ? Je suis peut-être égocentrique. Peut-être …. j'arrête avec les “je” donc. Parlons de toi plutôt. Qui es-tu ? Mon âme sœur, c'est ça ? Mais, es-tu un objet, une pensée peut-être ? Une personne … Tu penses que sais la réponse, hein ! Et bien tu as raison. En fait, il y a deux réponses à cette question. La première c'est que tu es un instrument de musique. Ou la musique elle-même, qui sait. C'est avec toi que je partage mes peines et mes tourments, et tu es le seul à qui je parle. Tu es un violon, mon violon. Une mélodie infinie, qui me donne envie de rire, de pleurer, ou de me taire, ça dépend des jours. En tout cas je t'aime bien. Je me demande si un jour je pourrais te donner la vie.
    Voilà la première réponse. La deuxième, c'est que tu es mon âme sœur. Je sais bien qu'on dit ça pour la personne qu'on aime, mais pour moi ça signifie que tu es ma moitié. La personne qui me manque, celle que je cherche depuis très longtemps. Celle qui comble mes défauts, celle qui es courageuse, ou alors celle qui es comme moi, un peu lâche, un peu rêveuse, musicienne. Une personne, ma moitié. Tu aimes quand je pense à toi ? J'espère bien. En tout cas moi j'aime penser à toi, même si ça me rends un peu triste. Je vais peut-être changer de sujet de penser.

    Revenons à moi. Je suis donc allongée sur mon lit, un coussin serré contre mon cœur. Je regarde le plafond, ou plutôt le haut de ma tente. C'est haut. Et c'est rayé. C'est rouge et blanc. Ça m'inspire. Ce n'est pas toi. C'est juste ma tente. Il y a aussi plusieurs bouts de tissus que j'ai moi-même suspendu là. Il y en a un, c'est un grand draps avec des spirales et des arabesques, composé de plusieurs bleus, du turquoise, du bleu pastel, et un peu de bleu ciel. Je l'aime bien, il me fait penser à la mer. Un autre morceau de tissu qui est accroché est beaucoup plus épais, et donc lourd. Il est vert, avec des pois roses. Il y en a aussi pleins d'autres, mais je ne vais pas tous te les décrire. Ceux-là sont mes préférés.
    Quand à moi, j'ai les cheveux éparpillés autour du visage. Vu du haut, ça doit être joli. Une fille en robe multicolore, les cheveux chargés de fleurs en papier étendue sur un lit couleur ciel, entourée de coussins rayés, unis ou à pois, de toutes les couleurs possibles et imaginables. Ça doit quand même faire un peu mal aux yeux. Tant pis, moi j'adore. Mais ce n'est pas ce que je vois. Moi je vois le haut de ma tente que j'ai déjà décris. Ah, maintenant je vois aussi une main. C'est la mienne bien sûr. Je ne sais pas pourquoi, mais quand je m'ennuie j'ai tendance à regarder mes mains. Je sais c'est bizarre, mais c'est comme ça.

    Donc, à quoi je peux penser ? A mes voyages, oui … C'était bien. J'ai visité pas mal d'endroits. Mais pas tous. En fait j'ai visité que deux lieux : Abysse, et Altlas. J'ai regardé les gens, écouté leurs conversation, lut. C'était bien. Sauf que je ne t'ai toujours pas trouvé, toi, ma moitié. Au moins j'essaye. D'ailleurs, il faudrait peut-être que je reparte. J'avais prévu d'aller quelque part d'autre aujourd'hui, et pas de rester là à rien faire à part à m'ennuyer. Oui, je vais me lever. Changer de robe. Me recoiffer. Prendre mon violon et partir. Pour aller où ? Je ne sais pas. Je n'ai pas envie d'aller à la Maison de Poupée, donc je pense que la Forêt des Rouages est une bonne idée.
    Le truc c'est que je suis bien ici. Et puis j'ai un peu peur. Il m'a quand même fallut une semaine pour me décider à partir pour le pays des livres, donc normalement je devrais encore mettre une semaine pour me décider à partir. Ou même pour me décider à me lever. Nan, allez debout !
    Je m'étire, et finis par vraiment me mettre debout, et à me préparer. Au fur et à mesure que je m'active, je suis plus énergique, et au final j'ai même envie de partir le plus tôt possible. Direction la Forêt des Rouages donc ! Avec un peu de chance les gens seront gentils là-bas. Mouais, c'est peu probable.
    Pour finaliser ma préparation, je fourre une robe de rechange dans un morceau de tissu dont je noue les extrémités, tout en priant pour que dans cette région là aussi la nourriture apparaisse comme par magie. Ou plutôt par magie. Je passe devant ma glace, arrange un peu ma robe et ma coiffure, puis prends mon violon. Il est enveloppé dans son étui , que je tiens à la main. Au moment de prendre aussi mon « sac », je me rends compte que je n'aurai sûrement pas besoin d'une tenue de rechange. De toute façon je ne pars que quelques jours, histoire de faire de nouvelles rencontres, de découvrir quelque chose.

    Pour atteindre la Forêt des Rouages, il faut traverser tout Dreamland, pour aller vers le Nord, vers le froid. J'effectue ce trajet en à peine deux jours. Selon les pays que je traverse, deux phénomènes se produisent : le premier est que je n'ai pas faim du tout, je n'ai donc pas besoin de m'alimenter. Le deuxième est le même que celui de la fête Foraine, la nourriture apparaît toute seule. Avec les matériaux que je me trouve en chemin, je me confectionne une nouvelle robe, mais je garde les fleurs de l'ancienne. Je joue aussi beaucoup de violon. J'avais oublié comme les voyages sont apaisants, tranquilles. Je croise aussi quelques voyageurs, mais très peu. Bien sûr je ne leur adresse pas la parole, et continue sans m'arrêter. Le soir, je dors la plupart du temps à même le sol, ce qui est la seule chose qui me gêne. Le matin, je me réveille avec le dos endolori, même si j'ai choisis l'endroit le plus abondant en végétation et où le sol est le plus meuble. Mais je m'efforce d'oublier ça, en me disant que là où je vais il y aura bien un lit.

    Quand j'arrivai, le paysage qui s'offrait à moi ne me mit pas en confiance. Contrairement à la Fête Foraine, cette forêt n'était pas remplie de couleur, et chaleureuse, mais froide, sinistre. Par contre, ce qu'elle avait en commun avec l'endroit où je vivais était qu'elle était totalement déserte, et un peu triste. De toute façon j'ai toujours considéré les endroits où il n'y a pas une âme qui vive tristes. Malgré ça je reste optimiste, tout en prenant comme argument que si je fais demi-tour maintenant j'aurais fait tout ce trajet pour rien, ce qui serait regrettable. Je m'avance donc entre les arbres noirs, en sentant craquer sous mes pas des feuilles mortes. Quand je baisse les yeux, je m'aperçois qu'elles sont elles aussi noires. Un frisson me traverse, mais je continue à avancer, en me répétant qu'il ne faut pas se fier aux apparences, et que je suis quand même assez courageuse pour parcourir une forêt. Et puis dans ce monde, rien ne peux faire de mal. Après tout c'est le pays des rêves. Je regarde quand même derrière moi, inquiète, et si je me perdais ? Prise d'une peur soudaine, je décide de faire comme le Petit Poucet, et de semer des morceaux de fleurs en papiers derrière moi.
    Plus je m'enfonce dans la forêt des Rouages, moins il y a de lumière. Un épais brouillard est aussi apparu, ainsi que des énormes machines. Je suis de plus en plus inquiète, et sème frénétiquement des papiers derrière moi. Deux heures plus tard, je n'ai plus aucune fleur dans les cheveux : je suis en train de déchirer ma derrière. Pas grave, je me referais une robe en arrivant à la maison.
    Toujours personne. Enfin si, il m'arrive d'entrevoir une ombre blanche derrière un arbre, ou de sentir derrière moi le souffle de quelqu'un, qui pourtant n'existe pas. Sous mes pas, je sens parfois des choses qui me frôlent. Tout cela me fait trembler de peur. Ce qui me fit le plus peur, ce fut quand je me retrouvais en face d'une papillon noir aux ailes déchirées, qui essaya de me croquer les yeux. J'agitai la main devant lui, mais il ne voulut pas partir, au final je lui abattais mon étui de violon sur la tête, ce qui le fit fuir. Cet événement réussit à me plonger dans un pure état de terreur. Jamais un de mes cauchemars n'avait été plus effrayant.
    Maintenant, je me sens naïve d'être venue ici juste pour rencontre des gens. Il faut que je fasse demi-tour, absolument. Un craquement de brindille me fait sursauter, et d'autres bruits étranges me font me retourner précipitamment. Pour me calmer, je décide de jouer un peu. Je sors mon violon, ne pouvant m'empêcher d'admirer sa beauté. Il est d'un brun doux et chatoyant, et même la brume et l'obscurité n'arrivent pas à lui ôter son côté rassurant.
    Je m'appuie contre un arbre, et commence à jouer, un air difficile. Je me concentre pour ne pas faire de fausses notes, et j'oublie un peu mon environnement. La demi-heure suivante se passe comme ça. Je me déplace avec mon violon, effectue même quelques pas de danse, très simples bien sûr. C'est le pouvoir de la musique ça, de me faire danser. J'ai même envie de chanter, mais je me retiens car je sais que si je le fais je ne serais pas être assez concentrée sur mon violon, et tout s'effondrera.

    Mais quelque chose vint troubler ma musique. Un bruit, un bruit de pas. Je m'arrête immédiatement de jouer, et regarde dans la direction d'où venait la menace. Mon cœur bat à la chamade. Je lève mon violon au-dessus de ma tête, comme pour m'en faire une arme. Ma bulle de tranquillité est en miette. Je me cache derrière un tronc. Les pas se font à nouveau retentir, alors qu'ils vont passer devant moi, j'esquisse le geste d'abattre mon violon sur la tête, de l'animal qui me fait si peur, mais m'arrête au dernier moment. Ce n'est pas un animal. C'est une femme, qui porte un masque et une longue robe. Je ne distingue que ses yeux bleus, ce qui me mets mal à l'aise. Je ne pense pas tout de suite à baisser mon violon, qui est toujours suspendu au dessus de sa tête. Finalement je recule doucement, et place mon violon derrière mon dos. J'ai encore un peu peur, mais ça va mieux. Je suis méfiante surtout. En tout cas il n'est pas question que ce soit moi qui engage la conversation. J'attends donc, à quelques pas d'elle, la respiration un peu trop rapide.
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Reine Aliel
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MessageSujet: Re: Dream or nightmare ?    Ven 18 Nov - 12:56

    Il fait encore presque nuit lorsque j'émerge des profondeurs de ma demeure. Personne ne m'a vu sortir, et c'est tant mieux : je ne veux pas qu'on me suive. Parce que ce que je vais faire aujourd'hui, personne d'autre que moi ne doit le voir. Pieds nus, une robe noire et légère pour être plus libre de mes mouvements, je m'aventure dans la semi-pénombre de la Forêt de Rouages. J'aime cette atmosphère ; elle en inquiète plus d'un, mais moi, j'ai su l'apprivoiser. Humaine malgré tout... malgré tout ce qu'on peut en penser, j'aime certaines choses, et cette forêt en fait partie. Elle est belle à sa manière.

    Les perles de mon masque me battent les joue alors que je file d'un pas léger à travers la forêt. Un énorme rouage émergeant du sol apparaît devant moi : d'un bond vif, je le franchis et continue droit devant. Nul besoin de regarder autour de moi, je sais très bien où je suis. J'ai passé tellement de temps en ce lieu que je le connais par cœur. Là, quelques pierres dressées et couvertes de lierres tentent désespérément de survivre parmi les mauvais songes ; ici, c'était la tanière d'une ignoble bête que j'ai décapitée de mes mains. Elle avait eu le culot de chercher à me dévorer... Mais cette chose sans cervelle ne savait pas à qui elle avait affaire.
    La Forêt de Rouages est, comme à son habitude, chargée d'un brouillard gris foncé qui occulte presque toute la lumière. Glacial, il n'en demeure pas moins agréable lorsqu'il s'accroche aux pans de ma robe, et je dois bien avouer qu'il m'arrange. Il serait dommage d'être vue en train de courir dans les bois comme une petite fille.
    Mon royaume est un kaléidoscope de noirs et de gris. Mais alors que je regarde le sol pour ne pas trébucher, quelque chose vient troubler sa délicieuse uniformité. Je m'arrête pour observer.

    Que font ces tâches blanches sur la noirceur de ma forêt ? C'est laid ; ce n'est même pas de la neige, qui aurait au moins le mérite d'être fraîche et douce au toucher. Ce sont juste des morceaux de papier qui se suivent en file indienne entre les arbres. Ils forment un chemin tout tracé vers ce qui doit être un être vivant... Et un être vivant assez intelligent pour craindre de se perdre. Une personne ? Il y en a peu en ce moment. Depuis que je suis sortie, je n'ai vu que des arbres et du brouillard ; même pas de cauchemars qui auraient eu la mauvaise idée de me hanter.
    Toute seule dans cette forêt noire et brumeuse, toute seule dans le silence : c'est là que je me plais. Quelque part, être exilée a du bon...
    Quoiqu'il en soit, quelqu'un ou quelque chose a osé la salir avec ces fichus morceaux de papier. Inutile de les ramasser : je n'aurai qu'à demander à quelqu'un de le faire à ma place ! Je ne suis pas là pour retirer les déchets...
    Je les suis, intriguée : ce n'est pas dans l'habitude des idiots qui m'entourent de semer des bouts de papier pour ne pas se perdre. Non, ce serait bien trop honteux pour eux de se laisser aller à un tel accès de faiblesse ; ils préfèrent se perdre à jamais dans la forêt plutôt que me montrer qu'ils ont peur de s'égarer. Ce ne peut donc être qu'un étranger. J'en ai souvent vu qui essayaient par tous les moyens de sortir d'ici...

    Au bout d'un moment, j'entends un son atypique pour la Forêt de Rouages. Je m'arrête, essoufflée, et me cache derrière un arbre, et suis des yeux le petits sentier de papier qui mène droit à... une jeune fille absorbée par la musique douce qu'elle crée avec son violon, un instrument que je n'ai pas vu depuis... depuis... cela fait si longtemps que j'ai oublié... Mais il y a plus important : c'est une pure inconnue. Je ne l'ai jamais vue chez moi et son allure générale indique qu'elle n'a pas l'habitude du lieu...
    La main posée sur le tronc veiné d'acier, je regarde en silence la jeune fille. Ses cheveux et sa robe sont ornés de fleurs en papier. Belle idée que de les avoir utilisées pour ne pas se perdre ; mais elle a souillé mon bois. Et elle n'en aura plus besoin à présent... Je pourrais me faire un plaisir de la guider au cœur de mon domaine.
    Je l'écoute jouer du violon un moment, puis je soupire, exaspérée. Elle m'énerve, avec sa musique. Est-ce que quelqu'un l'a obligée à faire tout ce bruit ? Je dois quand même avouer qu'elle joue bien. Cela fait longtemps que je n'ai pas entendu de musique. J'avais oublié à quoi ça ressemblait... C'est étrange, mais ce son est presque beau. Enfin. Je vais quand même lui dire d'arrêter. Si elle continue, elle va attirer l'attention de tout le monde. Et ça... C'est hors de question ! Ici, il y a des lois, des règles à ne pas violer et ceux qui les dédaignent... je serre convulsivement les doigts à cette pensée. Ils ne se sont pas refermés autour d'une gorge depuis longtemps. Une lourde colère tente de m'envahir ; mais il ne faut pas se ruer sur elle pour l'étrangler. Du moins pas maintenant !
    Tout de même, elle m'énerve. Cette fille devrait savoir qu'elle n'a aucun droit ici, et surtout pas celui de jouer de la musique dans mon royaume. Si elle ne veut en faire qu'à sa tête, elle n'a qu'à retourner chez ces gamins qui pullulent partout ailleurs.
    Mais elle n'a pas l'air très jeune. Elle va bientôt entrer dans l'âge adulte. Et si je la garde avec moi... Elle pourrait faire une parfaite arme contre le Conteur. Maudit soit-il... Mais je ne dois pas penser à ça pour l'instant. Je dois d'abord l'observer avant de tirer des conclusions. Façonner une arme digne de ce nom prend du temps, et seuls les meilleures lames doivent être affûtées... Si je me trompais, ce serait un désastre.
    C'est quand même étonnant, une jeune fille venue de son plein gré... Cela n'arrive pas tous les jours. Serait-ce bon signe ? Et si j'allais voir de quoi elle est faite ?

    Je m'approche d'elle, lentement mais d'une allure assurée. Mes pas n'émettent qu'un léger crissement dans les feuilles mortes. Mais malgré le son du violon, l'inconnue lève les yeux vers moi alors que je suis encore loin d'elle. Tout en se dressant, elle lève son violon, prête à me frapper avec si besoin est...
    Je lève les mains en signe d'apaisement. Qu'elle ne s'inquiète pas, je ne suis pas une bête sauvage... Elle finit par baisser son instrument ; quelle arme redoutable ! Pensait-elle vraiment pouvoir se défendre avec ça ? Ce n'est qu'une fillette, et moi, je suis la reine de cet endroit. Elle ne peut rien ! J'ai envie de rire, mais je me retiens. Si je me moque, elle serait bien capable de s'enfuir.

    Je toise la jeune fille du regard. Qu'elle sente bien qu'elle n'a pas affaire à la dernière des gueuses... Cherchant une lueur de reconnaissance au fond de ses yeux, j'attends : elle a forcément entendu parler de moi. Mais apparemment, la peur l'empêche de réfléchir correctement. Si elle est lente d'esprit, cela ne va pas être une partie de plaisir. J'aime les gens vifs, ils sont plus utiles que les autres.
    J'ai l'impression que cet échange oculaire dure des heures. Il va bien falloir que quelqu'un parle. Ce n'est pas que cela m'enchante, mais... tant pis, c'est un petit sacrifice.

    Ce n'est qu'un murmure qui franchit mes lèvres ; mais elle entendra parfaitement :

    «En voilà, un bel instrument. Que fais-tu ici, jeune fille ?»

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MessageSujet: Re: Dream or nightmare ?    Ven 25 Nov - 18:49

    «En voilà, un bel instrument. Que fais-tu ici, jeune fille ?»

    Des paroles agréables pour un regard de glace. Des yeux froids qui me jugent, m'observent, me méprisent, me dominent, qui me font un peu peur. J'ai envie de partir, je n'aime pas les yeux qui disent tant de choses en un seul regard, qui ne cherchent pas à cacher,même un peu, tout le mépris que leur inspire la personne d'en face. En l’occurrence c'est moi la personne méprisée, normal que ça ne me fasse pas plaisir. D'un autre côté ses paroles sont quand même encourageantes. Et puis c'est vrai qu'il est beau mon violon, en plus son son est parfait. Mais ça elle ne l'a pas dit. Elle ne doit pas savoir apprécier la musique, ça doit être ça.
    Ce qui me fascine chez elle, c'est qu'elle évolue dans cette forêt très naturellement, avec plaisirs même. Je comprends mal pourquoi. Après tout ce que j'ai vu ici je ne pense pas que quelqu'un de censé puisse pendre du plaisirs à déambuler ici. Peut-être qu'elle est folle. Pourtant elle n'en a pas l'air. Son regard est calme, réfléchi. Je ne peux pas m'empêcher de fixer ses yeux bleus. Je crois que ceux du Conteur aussi sont bleus. Peut-être pas en fait, je ne m'en souviens plus. De toute façon quel rapport ? Ça n'a aucune importance. Revenons à la jolie dame qui me fait face. J'aimerais bien qu'elle enlève son masque, parce que juger le caractère de quelqu'un en regardant seulement ses yeux c'est un peu difficile. En plus elle porte une robe noire, rien de bien extraordinaire. En fait ici tout est en noir et blanc. Je n'aime pas ça.
    Je me demande qui elle est. Sûrement quelqu'un d'important pour me regarder comme ça. Je n'aime pas qu'on me fixe, elle ne pourrait pas regarder ailleurs ? Il est vrai que ne ne l'ai moi-même pas quitté des yeux depuis qu'elle est apparue. Mais moi ce n'est pas pareil, moi je la regarde seulement avec méfiance, je ne la juge pas vraiment. Enfin si quand même un peu, beaucoup même. Je devrais peut-être regarder ailleurs. Mais si elle m'attaque ? Nan, elle est polie, elle ne devrait pas me sauter dessus, enfin normalement.

    Qu'est ce que je fais maintenant ? Je réponds à sa question comme un être civilisé, ou je pars en courant histoire d'échapper à cette forêt macabre, et à cette grande dame ? La deuxième option est tentante, mais après tout je suis venue ici pour me faire des amis, donc je dois faire connaissance. OK, je vais lui répondre. Mais pas tout de suite, il faut d'abord que je trouve quoi dire. Vérité ou mensonge ? Mensonge. Vérité ? Je n'aime pas les choix difficiles. Mais je vais choisir mensonge. Sauf que j'ai la tête toute vide. Une combinaison des deux devrait aller.

    - Je joue du violon, comme vous avez dû le remarquer. Et vous, qu'est ce que vous faites ici ?

    C'est évident après tout, une réponse partielle c'est parfait. Et après on retourne la question à son interlocuteur, c'est le secret d'une bonne conversation. Enfin en matière de conversation je n'ai de leçon à donner à personne, mais sur ce coup-là je me suis bien débrouillée. C'est vrai que sa réponse ne m'intéresse pas le moins du monde, mais quand même, elle doit croire que je porte sur la question un certain intérêt. Mais alors pourquoi est-ce que je lui ai demandé ça ? Avec ses amis, on parle sûrement de choses qui nous tiennent à coeur, non ? Logiquement je devrais donc lui demander si elle joue de la musique, ou même si elle aime en écouter, non ? Mais je crois que je connais déjà la réponse, puisqu'elle ne m'a pas complimenté sur la beauté du morceau que je jouais, ou même sur le son de mon instrument. Alors qu'est ce que je fais avec elle, à lui parler ? Si nous n'avons rien en commun, autant partir. Et puis je n'aime ni ses yeux, ni son expression, ni sa robe, ni rien du tout en elle finalement. Il faudrait peut-être mieux que je parte alors. Oui, partir, partir très loin. Retourner à la Fête Foraine, toute seule. Me dégonfler en somme. Non, il faut que je reste ici. Il faut que je sois courageuse. Si ça se trouve cette femme est très gentille, et je l'ai jugé beaucoup trop vite, comme les idiots que je déteste. En plus, elle ne m'a jamais dit qu'elle n'aimait pas la musique. Ses yeux sont effrayants, mais peut-être que son visage est très doux, peut-être même que nous allons devenir amies. Enfin, il ne faut pas trop rêver quand même.

    C'est incroyable à toutes les choses auxquelles j'ai eu le temps de penser en quelques secondes. Incroyable à quelle vitesse je suis capable de me dégonfler à la moindre difficulté, ou au moindre défaut que je perçois chez celui qui me fait face. Je suis vraiment lâche, et pathétique, et idiote, et remplie de préjugés en plus. Finalement je suis vraiment méprisable. Il faut que je me rachète. Elle ne m'a pas répondu, tant mieux, je vais lui poser une question qui m'intéresse :

    - Et sinon vous jouez, ou même appréciez la musique ?
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MessageSujet: Re: Dream or nightmare ?    Mer 21 Déc - 20:00

Spoiler:
 


    Je ne réponds pas à l'inconnue. Enfin, elle devrait savoir à qui elle a affaire ! Si elle n'a pas entendu parler de moi, elle ne doit pas être arrivée dans le pays des rêves depuis longtemps. Je pourrais le lui apprendre. Mais je préfère me taire et ne pas en dire trop pour le moment. Je n'aime pas me dévoiler à n'importe qui.
    Ca n'a pas l'air de la vexer : elle regarde devant elle, l'air perdu dans ses pensées. Bien, cela me laisse le temps de réfléchir moi aussi à la situation. J'ai recontré une adolescente au beau milieu de ma forêt. Elle n'a pas l'air de craindre les cauchemars et se sent même assez à l'aise pour jouer de la musique, toute seule. De plus, elle ne sait pas – pas encore – qui je suis. Voilà qui est étonnant. Moi qui m'attendais à une journée sans histoire, je me retrouve à bavarder avec cette jeune fille. Cela promet d'être édifiant...
    Et je pourrais peut-être même me faire une alliée de plus. Qui sait, elle n'est peut-être pas aussi ignorante qu'elle en a l'air...

    «Et sinon vous jouez, ou même appréciez la musique ?
    - La musique ? Je l'ai un peu connue... autrefois. Ou peut-être était-ce hier... Est-ce que je sais ? Ici, c'est l'éternité, on oublie un peu le temps qui passe. J'aimais la musique, il me semble, mais les seuls souvenirs que je garde sont ceux des fausses notes de ma soeur, quand elle jouait du piano. Mais je m'égare...»

    Je m'interromps juste à temps pour ne pas en dire trop. C'est qu'elle m'inspirerait presque confiance. Elle n'est pas comme les autres, qui me flattent sans cesse pour obtenir de la bonté. Leurs mots ne sont que des trompe-l'oeil destinés à m'aveugler. Cela ne marche jamais. Cette jeune fille, elle, n'a pas cherché à louer «mon immense beauté indigne de tous ces cauchemars» - pauvres idiots ! Ce sont ces cauchemars en question qui m'ont donné cette apparence ! - ni à me donner du «Votre Gracieuse Majesté» ou d'autres fades surnoms.
    C'est agréable de parler avec quelqu'un en toute simplicité. Mais il ne faudrait pas que cela devienne une coutume ! Je me ferai respecter par tout le monde, ce qui inclut cette jeune fille. Elle n'est pas si mal-élevée que cela, ce ne devrait pas être compliqué.

    «C'est bien toi qui me demandais ce que je fais ? Je vais et je viens comme je le souhaite. Tu te trouves dans mon royaume, jeune fille. Mais j'imagine que tu sais déjà où tu es. On ne trouve pas de tels cauchemars ailleurs qu'ici.»

    J'ai essayé de ne pas prendre un air sévère, mais il me semble que c'était peu réussi. On ne se débarrasse pas de siècles d'habitudes en un instant...
    Je m'assois sur une souche d'arbre en face d'elle avec l'intention de paraître détendue. Qu'elle se sente à l'aise elle aussi, mais pas trop. Je n'ai pas l'intention de la laisser me filer entre les doigts maintenant que j'ai capté son attention. La bonne proie est celle qui se fige et fixe son assassin. C'est ce qu'elle fait, en somme. J'ai toujours eu un regard captivant... C'est l'atout des grands chasseurs.
    Mais je ne veux pas la tuer. Je ne tue pas sans raison, moi...
    Il faut que j'en sache plus sur elle si je veux décider quoi faire. Ca tombe bien, j'ai toute la journée devant moi. Je peux bien m'accorder des loisirs de temps en temps... Etre reine à temps plein, c'est épuisant. En apprendre plus sur quelqu'un l'est bien moins.

    «Si tu n'y vois pas d'inconvénient, j'aimerais savoir ce que tu fais chez moi. Tu n'es pas venue pour jouer du violon aux arbres, je me trompe ?»

    Une espionne ? Si elle l'est, elle n'a aucune jugeote. Pour être un bon espion, ici, il faut se faire aussi discret qu'un rat. Elle qui faisait tout ce bruit avec son intrusment n'a aucune connaissance de la discrétion. Je n'ai aucune raison de me méfier, semble-t-il. Ce n'est qu'une jeune fille égarée là par hasard.
    Je peux lui faire retrouver son chemin, ou bien la perdre plus encore. Pour le moment, je veux simplement me distraire.

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