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 Derrière chaque sourire se cache un démon. [PV Inanis]

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Le Conteur
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MessageSujet: Derrière chaque sourire se cache un démon. [PV Inanis]   Dim 27 Nov - 20:19

Tout son corps était gelé, paralysé jusqu'aux moindres de ses membres. Seule sa tête émergeait de l'eau glacée, ses boucles revenant parfois remonter à la surface. Ses paupières s'ouvrirent lentement sur un ciel noir de nuages d'où ne perçait aucun rayon de soleil. L'eau dans laquelle il baignait ne faisait que refléter le ciel, sombre et calme. Par moments, une fleur blanche venait se glisser près de sa joue avant de repartir aussitôt. Était-il mort? Peut-être un peu... Il l'avait toujours été à bien y réfléchir... Et l'au-delà, il l'avait toujours imaginé ainsi... Immobile, forcé de réfléchir à toutes ses erreurs avant que le courant ne daigne le faire dériver à nouveau. Il n'avait alors qu'à se laisser flotter. Mais lorsqu'il cligna des yeux, il lui sembla voir une silhouette avancer, de l'eau jusqu'à la taille. Il lui était impossible de relever la tête, et il ne pouvait par conséquent rien voir de plus. Lorsque la personne fut plus près, il reconnu son regard d'acier et son corps amaigri. Son Ina! Il était venu pour lui, c'était certain! Ne pouvant se débattre, il attendit patiemment que le garçon arrive à sa hauteur, le regard vague. Il chercha à attraper sa main métallique comme il avait pris l'habitude de le faire pour se rassurer mais ses doigts refusèrent de lui obéir.

"Ina... J'ai si froid, Ina..."

La main droite du jeune homme glissa le long de sa joue, presque affectueuse. Elle passa sur sa gorge et, ses lèvres vermeilles pincées, il ferma les yeux. Et, comme son aîné semblait s'éterniser, il lui adressa un regard entre la supplique et l'autorité. Mais la main de glace s'abattit brutalement sur lui, l'immergeant violemment sous l'eau avec un cri étouffé. Il allait le tuer, pour se venger. Tout était fini. Incapable de bouger le moindre muscle, il sombra dans les eaux gelées, piégé sous la poigne de métal de son prisonnier...
Le Conteur se redressa brusquement, yeux écarquillés, cheveux trempés. Plaquant ses mains de chaque côté de sa baignoire, il regarda chaque recoin de la salle de bain, affolé, le souffle court. Un cauchemar, rien de plus... Il avait froid. L'eau avait certainement dû refroidir pendant son sommeil. Ces derniers temps l'utilisation de ses pouvoirs l'épuisait tellement qu'il était capable de sombrer n'importe où. Il avait besoin de dormir et surtout de récupérer son énergie. L'Araignée devrait gérer quelques responsabilités supplémentaires pour les jours à venir... Son corps nu et tremblant sortit de l'eau tandis qu'il tendit la main vers une serviette pour s'y enrouler. Il était contrarier, et à juger par son regard égaré, cela ne risquait pas de s'arranger. Voilà qu'il se mettait à craindre une quelconque vengeance de son prisonnier maintenant... Depuis quand il lui inspirait-il de la crainte? Si l'un d'eux devait avoir peur de l'autre ici, ce n'était certainement pas lui... Cependant, Le Conteur devait admettre que se le mettre définitivement à dos, si ce n'était pas déjà fait, était loin de lui convenir. Un retour en arrière était peut-être encore possible. S'il lui donnait l'envie, il pourrait peut-être le pousser à revenir vivre près de lui. Après tout, n'importe quel endroit de la Maison de Poupées était plus accueillant que ces effrayants sous-sols. Bien sûr, il lui était déjà arrivé de monter la voix plus fort que lui, et il l'avait déjà giflé lorsque son attitude exécrable lui brisait son semblant de cœur restant au point de le rendre fou. Inanis ne devait pas oublier qui l'avait recueillit, soigné, aimé. Il avait même voulu l'aider à surmonter son "handicap"! Mais le brun avait piétiné tout cela, il s'en était moqué, il avait voulu l'abandonner... S'il tenait tant que ça à retourner à sa vie au fond des marécages puants, il n'avait qu'à le lui demander.

Assit devant sa coiffeuse, il laissa son Araignée s'affairer à le coiffer à l'aide de ses huit pattes. Nouant ses rubans ornés de jolies roses pourpre, elle le laissa se redresser tout en finissant de démêler cette chevelure qui n'en finissait pas. Il leva alors le bras pour reposer sa petite compagne sur sa toile. Tant qu'il était encore capable de tenir debout il n'avait pas besoin de solliciter son aide. Son corps tomba lourdement sur les draps de son lit à baldaquins. Que devait-il faire? Descendre? Il n'en avait pas envie... Faire monter Narcisse? Il n'avait pas envie de le voir non plus. Lui qui était en mesure d'obtenir tout ce qu'il voulait ne désirait rien. Ses rêves étaient-ils en train de mourir? A cette pensée, le ciel nuageux peint sur son plafond vira brusquement au ciel de nuit, plongeant la pièce dans la pénombre. Il devait absolument faire comprendre à ce chien désobéissant que tous ses désirs lui seraient cédés s'il restait avec lui. Par tous les moyens. Il pour se faire, il allait devoir se montrer doux... Il n'était pas venu le voir depuis un certain temps. L'Araignée se chargeait de lui apporter à manger... Lorsqu'elle le voulait bien. Mais Le Conteur n'avait pas la moindre inquiétude à ce sujet. Si l'insecte prenait toujours un plaisir mauvais à le laisser démuni quelques jours, il finissait par le nourrir quand même au risque de recevoir les foudres de son maître qui pouvaient se montrer effrayantes, même pour lui. Le rouquin se redressa sur le bord de son lit. Puisque la méthode dure n'avait eu pour effet que d'empirer la situation, la douce serait certainement plus concluante...


Le Conteur remonta les escaliers qui menaient à sa chambre, les bras chargés d'un plateau contenant toutes les friandises dont un enfant pouvait rêver, l'Araignée sous sa forme humaine l'aidait silencieusement, roulant des yeux à cette intention grotesque. Comme si ce geste de gratitude pouvait l'intéresser marmonnait-il dans son coin... Son visage caché derrière les gâteaux, le rouquin montait les marches une à une, ouvrant la porte de sa chambre en levant le menton. La grande rouge suivi sans cille jusqu'à ce que Le Conteur daigne le débarrasser en faisant volter les gourmandises. C'était des petits tours de passe-passe tout à fait possibles pour lui, même si ces derniers temps, il se mesurait comme il pouvait. Il avait pu se reposer ce matin, bien malgré lui, il pouvait se permettre quelques petits écarts pour cet après-midi... Il se glissa sous le lit, se faisant suivre par la ribambelle de petits gâteaux. Il intima à l'Araignée de rester en haut. Il savait qu'Inanis serait mal à l'aise en sa présence, et encore plus sur la défensive. Si c'était possible de l'être plus... Pour une fois, le papillon avait décidé de se montrer avenant. Même s'il lui hurlait toutes ces horreurs au visage, même s'il crachait sur cet amour qu'il avait voulu lui donner. Il serrait les dents. Il se contiendrait de ne pas lui arracher la tête pour pleurer sur son corps ensuite. Il devait enfermer tous ces sentiments contraires qui se livraient bataille en lui. S'il arrivait à la ramener à lui alors tout serait fini, il pourrait enfin retrouver son calme... Mais cette crainte qu'il l'abandonne du jour au lendemain, qu'il se réveil et ne le trouve plus nulle part, ne le quitterait pas.
Il se glissa alors sous la trappe, sa robe se froissant sous l'effort tandis que son pied cherchait a terre ferme. Il se posa sur marche et Le Conteur pu enfin descendre, tirant les gâteaux à lui pour qu'ils retombent sur le plateaux.

Il commença alors à descendre les marches en prenant garde à ne rien faire tomber. Ses mains tremblaient presque sous la plaque de métal qui contenait des victuailles. Ses boucles rousses battaient ses chevilles à mesure qu'il dévalait les marches jusqu'à ce qu'il arrive en bas. Le chien était au fond, à quelques mètres de là. Entre les toiles et les rouages, ancien habitat de l'Araignée quand elle était encore affectée à la lourde tâche de faire fonctionner tout ce bric à brac. Poussant ce qui entravait son passage d'un bras, il approchait de son but. Il lui semblait déjà reconnaître Ina un peu plus loin. Oh il ne serait pas ravi de le voir, il ne voilait pas la face. Mais il devait avoir faim, ça, c'était presque sûr. Et même si ce n'était pas le cas, il savait comment le mettre un minimum en confiance... Il s'approcha à pas de loup vers la silhouette enchaînée. Sans lui adresser un mot, ses papillons se regroupèrent devant lui avant de former une table et des chaises d'un blanc lumineux et de s'éloigner, laissant là les meubles. L'enfant posa alors le plateau sur la dite table et disposa les gâteaux de manière à les mettre en valeur. Il épousseta sa robe, la lissa du plat de la main, replaça quelques mèches, et s'assit sur la chaise à côté de lui et penche la tête. Les fils de soie qui enserraient alors jusque là les bras et les jambes du prisonnier se délièrent lentement, avant de retomber à ses pieds. Ina était libre oui. Mais le rouquin savait qu'il n'était pas fou et parfaitement conscient que la fuite était inenvisageable devant le créateur de cet univers. Ce dernier le fixa un instant, attendant une quelconque réaction. Et soudain, une chose parfaitement inimaginable se produisit. Une espèce de grimace se forma sur les lèvres du Conteur, se releva doucement jusqu'à former un semblant de sourire. Oui, il souriait, il savait encore comment faire. Mais il était pourtant effrayant. Ce sourire si inhabituel donnait simplement la chaire de poule, produisait un malaise palpable.


"Tu dois avoir faim après avoir travaillé comme ça... Viens manger quelque chose ça te fera du bien... Je les ai fait pour toi..."

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Inanis
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MessageSujet: Re: Derrière chaque sourire se cache un démon. [PV Inanis]   Sam 3 Déc - 11:39

J'me les gèle.
Je ferais bien cramer toutes ces toiles d'araignée pour me réchauffer un peu. C'est plutôt une bonne idée tiens, pour le jour où j'partirai d'ici. Tout brûler, rien que pour emmerder le Conteur. Ce jour-là il regrettera ce qu'il m'a fait. Je m'demande comment il fera si tous ses petits secrets partent en fumée dans la nature. Inanis le chien soumis, qui se rebelle contre son mauvais maître... Ca, ça ferait un bon sujet de bouquin.
'Toute façon, j'sais pas lire. Y'avait pas de livre dans la Maison de Poupées ni dans l'bayou et encore moins maintenant. Ca m'intéresse pas. Se foutre des bouts de papier sous l'nez, ça a jamais apporté à manger.

Je suis assis par terre dans la poussière, les bras et les jambes attachés par des fils d'araignée. Il y en a même autour de mon cou. Pourquoi pas une médaille avec mon nom, tant qu'on y est... Ca me gratte le dos mais les liens sont trop serrés. Même un chien a le droit de se soulager... Pas moi. J'adooore cet endroit. Et le pire, c'est qu'on me reproche encore de pas faire bien mon boulot. Peut-être que si j'étais traité mieux qu'ça, j'aurais envie d'bosser pour l'Conteur. Peut-être. Sans les puces, ce s'rait presque vivable.
Ici, c'est le pays des insectes. L'Araignée du Conteur a dû faire des p'tits, j'sais pas... Ou alors je suis complètement fou moi aussi et j'hallucine ! Il se passe pas une nuit sans que j'me fasse mordre quinze fois par des moustiques, des mille-pattes, des puces...
Y'a des toiles d'araignée partout et je n'parle même pas des bruits qu'on entend dans les machines, la nuit. Un vrai concert. C'est pas si différent que ça de la réalité, Dreamland. 'Suffit qu'on tombe au mauvais endroit et on s'retrouve dans le même état qu'avant. Moi, mon état, c'est plutôt : tignasse sale, habits sales, couenne sale, vermine de partout et j'en passe. Tiens la prochaine fois, faudra que je dise au Conteur de m'amener un peu de boue... C'est qu'ça me manquerait presque, la vase. En tout cas, ça me débarrasserait des puces.

Comme d'hab', j'étais en train de tirer sur mes fils pour les arracher, sans résultat forcément, quand j'l'ai entendu venir. Je peux reconnaître sa façon de marcher facilement, de toute façon, c'est le seul qui peut v'nir ici. Il portait un plateau qui avait l'air deux fois trop lourd pour lui.
Ce salaud d'Conteur osait me narguer avec de la nourriture dans les mains ! Ca avait l'air bon. Je connais même pas le nom de tout ce qu'il a amené... 'Faut dire que moi, j'ai pas eu d'éducation, pas comme lui. Sale peste pourrie gâtée... Rose comme un cochon. Et ça se lave tous les jours, et ça se coiffe pendant des heures, et ça mange quand ça veut, et ça fait des caprices parce que ça en a jamais assez... Un jour on échangera les rôles. Je le forcerai s'tuer pour moi comme je me tue pour lui. On verra s'il f'ra toujours le malin !
Il a fait apparaître des sièges avec des papillons sortis de nulle part, et ils deviennent tout lumineux. Y' trouve ça drôle de me rendre aveugle, en plus ! Pas question que je mange là-dessus. C'est bon, je préfère être par terre. Dans mon élément. Bouffer sur des papillons, ça me dit rien qui vaille et surtout quand c'est les siens.
Histoire de bien me rappeler que je suis son chien, il a fait tomber les fils qui me retenaient. Ca me soulageait mais pas question de lui montrer ! Il aurait pu prendre ça pour un merci, cet idiot. J'ai juste croisé les bras en le fixant. Moi, j'ai jamais eu peur de ses yeux de poisson crevé.

J'étais libre... Je pouvais me jeter sur lui pour l'étrangler quand j'le voulais. Il a eu de la chance parce que j'étais pas dans mon meilleur état, fatigué, à deux doigts de claquer même. Ses espèces de machines, j'dois les entretenir à n'importe quelle heure du jour et de la nuit. Tourner des manivelles plus hautes que moi, tirer sur des fils gluants qui collent aux doigts pendant deux semaines et dormir le moins possible, c'est mon travail. Génial comme boulot, hein. Même un boeuf serait mieux traité que ça, j'crois bien.
Donc, j'ai mal partout. Et j'ai pas envie de l'agresser. Parce qu'il pourrait très bien me tuer d'une claque, ce sale môme. C'est qu'il cache bien son jeu... «Regardez, je suis tout fragile, je ferais pas de mal à une mouche, c'est vrai quoi, je suis l'innocence incarnée !» Mes fesses, ouais... C'est un espèce d'hystérique qui se prend pour Dieu et qui touve drôle d'empêcher les gens de faire c'qu'ils veulent. Voilà tout ce qu'il est !
Il n'avait pas accès à ma cervelle, pourtant, parce qu'il a eu un espèce de sourire qui tenait plus de la grimace qu'aut' chose. J'crois bien que c'est sa manière de dire bonjour... J'ai failli lui sortir : «C'est censé faire peur ?» Avec ses gros yeux et sa bouche tordue, il avait l'air d'un fantôme. Sauf que moi, des fantômes, j'en vois tous les jours, alors c'était pas ça qui allair me faire fuir.
J'aurais pu l'envoyer balader, pour être tranquille. J'ai juste grogné :


- Qu'esse tu veux ?

Alors il a répondu que je devais avoir faim, que j'avais beaucoup travaillé, et bla, bla, bla... Son baratin, je m'en fichais pas mal, il voulait juste m'amadouer pour que je r'vienne vers lui comme avant. Il se fichait d'moi comme toujours. Mais c'est vrai que j'avais faim et bien faim d'ailleurs. Il m'apporte pas souvent à manger, d'habitude c'est son Araignée de malheur qui l'fait et qui en profite pour baver dessus avant d'me jeter ça à la face. C'est franchement dégueulasse mais quand on a faim on mange, même si c'est de la bouillie avariée.
Sans en avoir l'air je salivais devant les gâteaux. C'était bizarre qu'il s'occupe de moi comme ça alors qu'en temps normal, il préfère me hurler dessus et me forcer à bosser le plus possible. Il devait être dans un de ses bons jours. Pour une fois...


- Y' sont pas empoisonnés, au moins ?

J'préférais prendre mes précautions. Comme il est complètement cinglé, ça m'étonnerait pas qu'il veuille se débarrasser de moi. Et j'voulais pas mourir.
Pas avant d'être sorti d'ici, c'que je comptais bien faire aujourd'hui même !
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Le Conteur
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MessageSujet: Re: Derrière chaque sourire se cache un démon. [PV Inanis]   Lun 5 Déc - 16:02

Rose? Oh non, il n'était pas rose, pas du tout. Il ne l'avait pas été depuis bien longtemps et dans le cas présent, il était plutôt blanc. Plus livide que d'ordinaire à vrai dire. Et l'obscurité des sous-sols n'aidait pas vraiment. Ses mains cachées sous la table s'agitaient nerveusement à mesure qu'il tordait ses doigts, cherchant à se calmer. Et pourtant son immonde sourire s'agrandit davantage, tandis que ses yeux se mirent à pétiller faiblement. C'était presque imperceptible. Mais c'était pourtant bien là, et Ina pouvait s'inquiéter pour sa santé. Mieux valait pour lui qu'il ne soit pas capable de lire dans les pensées du rouquin à cet instant même. Il se leva alors doucement, une de ses mains restant posée sur la table pour la tapoter du bout des ongles. Alors comme ça il était assez vile pour se permettre d'empoisonner sa nourriture hein? C'était décevant... Et surtout particulièrement blessant. S'il avait eu la moitié de jugeote qu'il semblait croire, il aurait compris que le but du Conteur, et ce depuis le début, n'était pas de l'éliminer, bien au contraire. Mais il semblait aveuglé par la haine. Le papillon était conscient qu'il menait une vie dure, bien qu'il essayait de faire en sorte de le nourrir et de le faire laver régulièrement, sans pour autant lui montrer un quelconque pardon. D'ailleurs, il ne lui avait toujours pas pardonné. Si c'était le cas il ne serait pas actuellement en train de lui parler dans cet endroit répugnant. Il ne pouvait pas non plus en vouloir à l'Araignée de le traiter de la sorte. Était-il suffisamment bonne patte pour l'accueillir à bras ouverts à nouveau et laisser sa compagne de toujours au second plan? Difficile à dire. Il avait cette affection particulière pour la grande rouge depuis qu'il l'avait rencontré. Mais également pour le mauvais chien. Il l'avait longuement observé avant de daigner lui envoyer un papillon. Il avait admiré son courage et sa force. Sa détermination à vouloir vivre malgré les difficultés. Celle qui n'avait jamais eu, lui. Oui, Ina était un mauvais chien. Un cabot crasseux et mal éduqué. Mais c'était un garçon bien admirable.

Et pourtant.... Pourtant en cet instant précis il n'avait qu'une envie. Il voulait le tuer de ses mains. Le frapper jusqu'à ce qu'on ne le reconnaisse même plus. Mais il en était incapable. Si Inanis ignorait bien une chose de lui, c'était cette faiblesse. Il ne pourrait jamais le tuer, même si le garçon s'en prenait à lui, il ne pourrait pas se défendre. Qu'il le traite comme un chien à son tour lui était totalement égal. Il voulait seulement l'avoir près de lui. Et maintenant, c'était devenu impossible. Alors il préférait se complaire dans ce rapprochement factice. Qu'il lui lance toutes ces insultes aux visages s'il le voulait, il ne pouvait pas comprendre. S'il l'avait laissé partir, il l'aurait perdu. Et quand bien même cela n'aurait pas été le cas, il serait revenu en adulte. Et Le Conteur refusait catégoriquement que son protéger subisse cet atroce changement. Devenir adulte était une chose horrible. Le brun était peut-être déjà mature, il n'en restait pas moins innocent. Il était encore un enfant. Il ne pouvait pas pas grandir si brutalement... Ça serait atroce... Si ça arrivait alors le rouquin n'arriverait même plus à le regarder dans les yeux. A vrai dire, il n'y arrivait déjà plus...


"Réfléchis un peu... Si j'avais voulu te t'empoisonner j'aurais eu l'occasion de le faire depuis le début. Et si je voulais te tuer je n'utiliserais pas un stratagème aussi vil et lâche, non. Je le ferais de manière à ce que tu comprennes bien ce qui t'arrive et que tu vois au moins une dernière fois le visage de ton assassin avant la fin... Enfin si tu ne me crois pas je ne te force pas à les manger, je les monterais aux autres enfants et tu attendras quelques jours de plus..."

Ces mots étaient sortis de sa gorge sans qu'il ne l'ai vraiment désiré et le ton de sa voix laissait entendre que la précédente remarque l'avait blessée. Si Inanis désirait vraiment qu'il essaye de lui faire peur, ce n'était absolument pas un problème. Au moins maintenant il était sûr qu'il vérifierait à deux fois dans son assiette avant de manger... Pour sa part, lui il n'avait pas faim. La situation actuelle couplée à son petit incident de ce matin lui coupait net l'appétit. De toute façon ces gâteaux étaient pur Ina. S'il ne voulait pas les manger, il repartirait en les laissant ici jusqu'à ce qu'il salive assez devant pour daigner en goûter un. Têtu en plus du reste de ses nombreux défauts. Et il n'était pas tranquille, il devait bien l'avouer. Son rêve de ce matin l'avait quelque peu troublé... Le brun avait beau être rude dans ses paroles et dans ses gestes, il lui avait toujours paru être doux comme un agneau. L'idée qu'il puisse s'en prendre à lui ne l'inquiétait pas plus que cela d'ordinaire. Mais il avait appris à se méfier de ses songes. Si l'adolescent était pris d'une poussée de brutalité, il était prêt à fuir. La main de métal du jeune homme était une arme puissante. Il l'ignorait certainement lui-même mais elle avait bien plus de résistance qu'un membre normal. Exactement comme celle de l'Araignée. Avec ça il avait de quoi se défendre. Même s(il n'en avait pas forcément conscience... Et pour le moment, il était préférable qu'il l'ignore.

Enroulant doucement ses boucles rousses autour de ses doigts fins, il marmonna quelques paroles compréhensibles seulement de lui-même, se mordant la lèvre. Il était descendu ici dans le même but que d'habitude. Lui faire comprendre son envie qu'il reste à ses côtés. Mais à force d'essuyer les refus catégoriques, il n'avait plus grande conviction dans cet espoir. Alors il venait le voir, sans trop savoir ni pourquoi il s'acharnait, ni pourquoi il le gardait. Il avait voulu son amour, il avait obtenu sa haine. Une erreur de plus pour ne pas changer. Parfois il se surprenait à penser qu'il aurait plus de chance avec Narcisse. Il l'appréciait certes. Mais Ina était Ina. Il avait essayé de le rendre jaloux. Ça n'avait servi à rien. Il avait essayé de se convaincre de sa haine pour lui. Ça n'avait fait qu'empirer la situation. Et à présent, ils étaient tous deux dans une impasse. Recoller les morceaux lui paraissait être une solution bien lointaine maintenant... Et pourtant comme il voulait retrouver cette époque où il pouvait venir se tenir contre lui sans craindre une parole blessante. Tout cela était révolu à présent. Et les nuits lui semblaient bien effrayantes maintenant qu'il ne pouvait plus venir le rejoindre en cas de cauchemar... Mais Inanis vivait avec ses cauchemars, ses angoisses et ses peurs les plus secrètes. L'enfermer ici était un risque considérable. Car à présent, il connaissait chacune de ses petites craintes. Mais Le Conteur doutait que le brun soit assez mauvais pour s'en servir contre lui, en admettant qu'il sorte d'ici, ce qui n'arriverait pas de si tôt. Il prit un gâteau quelconque en main et se dirigea vers le chien sans le regarder en face. Puis, lorsqu'il arriva à sa hauteur, il l'appuya contre son torse, regardant ses pieds.


"Ina... Je sais que tu me détestes et que tu m'écouteras jamais... Mais j'aimerais t'expliquer... Certaines choses..."

Que faire? Que dire? Il ne savait pas et se contenta d'appuyer un peu plus la pâtisserie contre le corps du jeune homme qui ne lui semblait même pas être là. Oh... Il allait le jeter, sûrement, comme d'ordinaire, et si c'était le cas il ferait certainement de même. Mais si en revanche il décidait de l'écouter... Alors ça serait d'autant plus compliqué. Ina n'accepterait pas son point de vue et lui n'accepterait pas le sien. C'était à prévoir... Mais c'était aussi le risque à prendre...
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MessageSujet: Re: Derrière chaque sourire se cache un démon. [PV Inanis]   Lun 30 Jan - 18:02

«Réfléchis un peu...» Et gna, gna, gna... C'est bien connu qu'il me prend pour un attardé mental. Mais j'suis pas l'idiot du village, moi. Plus maint'nant en tout cas. Et j'me fiche de ce qu'il pense. J'réfléchis si j'veux, quand j'veux et où j'veux, pas quand on m'le dit. Il peut bien croire ce qui l'arrange, je suis pas son prisonnier, ni son chien. C'est pas parce qu'il m'enchaîne que je suis à lui.
Ca tombe mal pour sa pomme, j'suis pas d'humeur à jouer les gentils caniches. J'suis plutôt d'humeur chien d'garde. Qu'il vienne pas m'provoquer, sinon ça va mal aller pour lui... J'suis libre, j'ai plus de chaînes, et j'ai pas oublié combien j'ai souffert ici... Il joue p't'être à Dieu mais j'peux très bien lui rendre la pareille. J'suis sûr que ça lui plairait d'essayer mon rôle !
La voix toute rauque, parce que je mourrais d'soif, j'ai dit en essayant d'avoir l'air aussi sérieux que lui :

-Justement, je t'ai en face de moi. Si tu voulais m'assassiner, tu pourrais bien l'faire maint'nant. Maint'nant que j'te sers plus à rien.

Pourtant j'ai quand même pris un des gâteaux sur le plateau. Juste pour l'énerver. J'sais bien qu'il aime me voir crever d'faim. Mais j'vois pas pourquoi je devrais faire ce qu'il aime, et surtout pas crever pour ses beaux yeux. Si j'dois mourir aujourd'hui je vais m'arranger pour l'emmener avec moi. Il est coriace mais pas immortel. On verra bien l'quel est l'plus fort, ici.
J'ai mangé en me taisant, incapable d'apprécier le goût du gâteau tellement j'avais faim. J'suis pas du genre bavard et il le sait très bien. Heureusement, il respecte au moins ça. J'peux compter sur les doigts d'ma vraie main le nombre de fois où il m'a respecté depuis que j'suis là.

Ma main en métal était posée sur mon ventre creux, juste à côté d'une tige en ferraille pointue et rouillée que j'avais arraché d'un des mécanismes du sous-sol. J'la garde toujours sur moi, au cas où. Même sa couenne de porcelet résisterait pas à ça si j'voulais le tuer. Je sais qu'il est pas aussi solide qu'il en a l'air ; j'ai vu d'quoi il est fait en observant les fantômes qui dansent des fois dans les brumes sans fin du sous-sol, là où il ne faut pas tomber. J'me suis penché par-dessus les plate-formes pleines de toiles d'araignées pour regarder tout ça, ses cauchemars, et j'ai vu pas mal de choses qu'il aimerait pas qu'on sache...
Je suis plus fort que lui parce que j'sais tout ça. Il a beau avoir son Araignée, ses petits pouvoirs magiques et une bande de morveux pour lui tout seul, moi, j'ai aut' chose de bien mieux. De la haine, de la force (j'ai passé tellement de temps ici que je suis presque aussi fort qu'un adulte) et surtout : de la connaissance.
Chez moi, les gens puissants, c'est ceux qui savent des choses. C'est grâce à ça qu'y peuvent exploiter comme ils veulent les paysans et les indiens du bayou. L'Conteur a toujours réussi à m'dominer parce qu'il en savait plus sur moi que moi sur lui. Mais c'qu'il sait pas, c'est qu'ça c'est inversé. Maint'nant j'ai du pouvoir sur lui... Y'm'tuerait s'il le savait.

Y s'est approché de moi d'un coup et j'ai caché la tige entre les broches de mon faux bras, sous ma manche. J'ai pas pu m'empêcher de prendre une tête dégoûtée quand y s'est collé cont'moi. Y puait le savon. Y puait l'enfant tout court même...
D'habitude il ferait pas ça. Il a trop peur de s'salir en m'touchant. Et moi, j'aime pas qu'on me touche. Surtout pas quand c'est lui !Je pouvais l'repousser mais j'ai eu peur qu'il s'doute que j'cachais quelque chose.

-Ina... Je sais que tu me détestes et que tu m'écouteras jamais... Mais j'aimerais t'expliquer... Certaines choses...

Ah ben, ça, c'est la meilleure. Y veut se lancer dans les grands discours, maint'nant ? Y va me faire la morale sur mon sale caractère, et ma mauvaise conduite, et comment j'l'ai trahi, et bla bla bla...
C'est bon, j'l'ai d'jà entendu quinze fois son refrain ! Et j'en ai rien à faire, maint'nant qu'y m'a montré sa vraie figure, j'ai encore plus envie de m'barrer. Tant qu'il dira pas qu'il me laisse me tirer d'ici, je me ficherai de c'qu'il a à raconter. Pas que ça à faire, moi !
…J'n'ai que ça à faire, justement, en fait. L'écouter déblatérer ses trucs de gens intelligents, c'est tout c'que j'peux faire depuis que j'suis là ! Au moins quand il parle, j'ai pas b'soin de travailler et j'peux réfléchir à comment m'casser d'ici.

-Et qu'esse que t'as d'si important à m'dire, hein ? J't'écoute. Mais arrêt' de m'foutre du gâteau partout, j'suis d'jà assez crade comme ça, tu crois pas ?

Et voilà, il veut causer et moi, j'ai dit oui, comme un gland. Est-ce que j'ai l'air d'avoir envie d'causer ? Nan, je n'crois pas... Enfin, si je le laisse parler, il me laissera manger. Et mon estomac, il est plus important qu'mes oreilles.
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MessageSujet: Re: Derrière chaque sourire se cache un démon. [PV Inanis]   Sam 4 Fév - 18:51

Et il tremble. Encore. Il tremble parce qu'il a peur. Il a peur de ce qu'il va dire. Il a peur de la réaction d'Ina. Et il a surtout peur de ce qu'ils deviendront tous deux après... Le Conteur restait là, planté sur place, tétanisé. Le froid des sous-terrains y était certainement pour un peu. La présence d'Ina, elle, pour beaucoup. Et il peinait à ne pas fléchir, la tête déjà si basse qu'il pouvait voir ses pieds et ceux du jeune garçon. Inanis avait toujours préféré garder les pieds nus. Le rouquin lui avait souvent demandé de daigner mettre des chaussures, pour ne pas qu'il se blesse. Mais malgré tout ce qu'il avait pu dire, Ina n'en avait toujours fait qu'à sa tête. Mais à présent qu'il était peut-être sur le point de le perdre, il réalisait à quel point ce genre de détails pouvaient sembler stupides. Il l'avait étouffé jusqu'au point de non-retour. Le jeune homme n'avait pas supporté cela et avait voulu s'échapper. Et il avait menti... Le cœur inexistant de l'enfant se serra brutalement à cette pensée. Il avait cru que cette blessure avait fini par guérir... Mais il s'était trompé. A nouveau. Il se trompait souvent ces derniers temps d'ailleurs...
Il ne pouvait pas lever les yeux. Il l'imaginait déjà très bien. Lui et sa peau matte, qui le fixait, les yeux éteints, les yeux haineux, en train de manger comme s'il n'avait pas été nourri depuis des mois. C'était presque la vérité à bien y réfléchir. Il était devenu maigre. Mais il était aussi devenu fort. Comme un homme. Ina était là, devant lui, déjà grand, déjà fort, déjà homme. L'empêcher de grandir n'était qu'un prétexte pour se cacher la vérité. Le brun était déjà sur la voie de la maturité. Son corps était peut-être resté entre les deux, son esprit était presque déjà celui d'un adulte.


"Je regrette Ina.... Je.... Je regrette tout ça.... Ce que je t'ai fais.... J'ai conscience que c'était mal..."

Sa voix mal assurée et tremblante s'était à peine élevée dans l'air. Et il ne simulait pas le moins du monde. Il espérait sincèrement que le brun le comprendrait, aussi affamé soit-il. Le rouquin se mordit la lèvre. Si Ina était destiné à devenir adulte alors... Alors peut-être que lui aussi. Peut-être qu'il ferait ce sacrifice pour lui. Il ne pouvait absolument pas en être sûr à l'heure actuelle. Il n'était plus sûr de rien... Il croisa les bras sur sa poitrine inexistante, se courbant légèrement en avant avec une plainte étranglée. Ce garçon l'avait fait tomber bien bas. Personne d'autre que lui n'avait pu le voir dans une telle situation, pas même son Araignée. Il l'avait laissée en haut, dans sa chambre. Peut-être l'attendait-elle encore, ou peut-être avait-elle rejoint son atelier de tissage, caché dans un recoin de la Maison.
Il leva timidement une main pour venir effleurer les doigts de métal du jeune homme mais la retira aussitôt. C'était une des choses qu'il appréciait le plus de faire lorsque Inanis vivait encore auprès de lui. Prendre sa main de fer et la poser contre sa joue, presque toute aussi froide. Il n'éprouvait pas spécialement de fierté à avoir participé à la création de cette prothèse. Seulement un sentiment de bien-être car il avait pu rendre la vie meilleure à quelqu'un qui en avait eu besoin. Mais maintenant, ce bras faisait bien pâle figure en comparaison de tout le mal qu'il lui avait fait.


"Mais j'avais tellement peur.... J'avais si peur que tu partes et que tu ne reviennes pas... Je me suis tant attaché à toi... Je voulais te garder près de moi... Alors quand j'ai compris que tu allais partir en cachette je...."

Ses yeux s'écarquillèrent à ses mots. Ce soir n'était plus qu'un souvenir flou dans son esprit. Il se souvenait à peine de quelle mouche l'avait piquée lors de cette découverte. Il se souvenait surtout s'être réveillée le lendemain, tout habillé dans ses draps, son crâne lui faisant un mal de chien. Il lui arrivait souvent d'ainsi occulter des souvenirs trop douloureux. Il lui avait fallu plusieurs semaines pour daigner revenir le voir, comme s'il s'était retrouvé face à un total étranger. Et c'était ce qu'il était devenu. Il avait découvert un nouvel Inanis. Plus sombre, plus haineux, plus vulgaire, plus violent aussi. Alors il lui avait fait rencontrer un nouveau Conteur, il avait suivi sans chercher à comprendre. Mais à présent il regrettait plus que tout. Il se redressa, affichant une expression mortifiée, et admit d'une voix éraillée.

"Je suis devenu fou.... Mais je ne voulais pas que tout se brise comme ça... Et je ne te hais pas comme tu le crois... Non, au contraire, je souffre tous les jours pour ce que je t'ai fait...."

Il se retourna, ne voulant pas voir la réaction du jeune homme.

"Mais ça n'a aucune importance... Parce que je ne pourrais jamais réparer tout ce mal, même avec toute la bonne volonté du monde."
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Derrière chaque sourire se cache un démon. [PV Inanis]
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