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 Et si on tournait la page ?

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Katter Pilare
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MessageSujet: Et si on tournait la page ?    Mar 20 Déc - 15:11

Comme il est beau. Si beau que je pourrais m’en pâmer si je n’avais pas si peur de l’effrayer. Je n’en ai jamais vu de pareil, délicat, un grain fin et précis. Il appelle au toucher et pourtant je sais que tendre la main dans sa direction lui ferait prendre la fuite. Et ça, je ne le veux surtout pas. Je ne sais même pas depuis combien de temps il est là, je ne me souviens pas l’avoir croisé avant. Je n’oublie jamais rien, et lui je sais que je ne l’aurais pas oublié. Il m’observe lui aussi, je le sens.

Allongé au creux d’un épais grimoire, je n’ose pas faire un geste. Lui non plus. Lentement, je me redresse en position assise et, soulevant ma toge d’une main, je m’approche discrètement de lui. Enfin…Pas si discrètement que cela puisqu’il esquisse un léger mouvement de recul. Je retiens mon souffle et bondis plus vivement pour ne serait-ce que l’effleurer un peu. J’en ai tellement envie ! Mais il m’esquive sans grande difficulté et se réfugie quelques mètres plus loin. Je tombe sans grâce à plat ventre et j’entends quelques livres ricaner à mon insu.

Un sourire amusé étire mes lèvres et, le menton dans une main, je réfléchis à une façon habile d’approcher cet ouvrage farouche. J’ai pourtant de l’expérience dans ce domaine mais je sais que lui ne se laissera pas faire sous prétexte que je suis le « Maître des lieux ». On dirait même plutôt qu’il s’en moque bien. Moi aussi, j’adore les défis ! Vif comme l’éclair, je m’accroupis et m’avance de la façon la plus nonchalante possible vers lui. Il se tend, méfiant et pour donner le change, j’attrape un livre au hasard et le feuillette tout en fixant ma proie du coin de l’œil.

Puis, reposant le livre que je tenais, je m’élance à nouveau vers lui et s’ensuit alors une course poursuite qui n’a rien de très convenable pour le Maître patient et sérieux que je suis sensé être. C’est pourtant ce que j’enseigne à mes enfants, le calme et la patience, le sérieux et la minutie. Laisse le livre venir à toi, ne le brusque pas. Mais, sans savoir pourquoi, je me sens retomber en enfance à la vue de ce livre et j’ai envie de faire des choses stupides. De plus, je ne suis qu’avec des livres pour l’instant dans ma Bibliothèque, donc aucun enfant qui pourrait voir mon attitude plus que puérile.

Trébuchant sur une reliure ancienne, Je manque de tomber à nouveau mais mon livre d’astronomie préféré se place vivement face à moi, m’empêchant de m’empêtrer dans mes robes et de m’étaler de la même façon que précédemment. Remontant mes grandes manches sur mes bras, je défais les lacets qui retiennent ma toge bleu ciel et la laisse choir au sol. Je ne suis plus qu’en pantalon et en chemise et c’est bien plus simple pour poursuivre le livre qui s’obstine à m’échapper.

Je ne sais pas combien de temps passe avant que je ne tombe assis sur un épais livre d’images, essoufflé. Aucun des livres autour n’a daigné me donner un petit coup de main pour attraper le livre taquin et lui volette au dessus de ma tête, comme pour me narguer. Sur sa couverture sont peints deux grands yeux délicats qui me fixent en battant innocemment des cils. Je me laisse aller en arrière et éclate d’un long rire clair sans le lâcher des yeux.

« Tu veux vraiment me faire languir, hein ? »

Son regard se fait malicieux et comme pour se jouer un peu plus de moi, il se pose directement sur mes genoux. Je me redresse doucement et il s’entrouvre. Je glisse ma main dedans mais il se referme sur mes doigts, m’arrachant un glapissement de douleur. Il flotte de nouveau et me flanque un petit coup sur le front avant de s’enfuir à nouveau.

Au même moment, les livres s’agitent un peu et j’aperçois derrière un ouvrage épais la chevelure en bataille de Pan. C’est assez embarrassant d’avoir été surpris dans une telle situation par l’un de mes apprentis mais si c’est par lui alors ce n’est pas si grave.

« Ne te cache pas, Pan. »

Je me redresse et époussette mon pantalon avant de me passer une main dans les cheveux pour me rafraîchir un peu de ma course, un sourire aux lèvres alors que je m’approche du livre derrière lequel il est dissimulé.

« Il est normal que de temps en temps, ce soit l’élève qui voit le Maître en train de faire des bêtises. »

Je sais pourquoi il est ici, c’est moi qui lui ai demandé de venir me retrouver. Encore une mission, c’est à lui que je confie les plus délicates bien que je m’inquiète souvent de ce qui pourrait lui arriver. Les autres habitants de ce monde ne sont pas comme nous. Nous, nous protégeons. Eux ne pensent qu’à détruire, ils désirent tout pour eux et se fichent bien des dégâts causés. Mais je lui fais confiance. Et je sais qu’il en est digne. Mais avant de penser aux choses désagréables, je lui souris et le prend doucement par le bras.

Plissant les yeux vers le ciel, je repère finalement le chenapan qui me fuit et le désigne à Pan :

« Aide-moi à l’attraper. »

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Pan
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MessageSujet: Re: Et si on tournait la page ?    Mer 28 Déc - 17:49

Le vent fouette mes cheveux. Il porte un air marin, mélange de sel et de vase. Un sourire un peu imbécile fend mes lèvres, mais je ne le retiens pas. A bien y regarder, je dois être à deux cents/trois cents mètres du sol. Heureusement pour moi, je n'ai que très peu le vertige. De toute manière, je ne suis pas dans mon corps, je ne peux pas avoir le vertige. Où je suis ? Dans la peau d'un oiseau. Je vois le paysage défiler sous moi, flou et pourtant plein de détails. C'est vraiment beau, je vole au-dessus d'un immense forêt, non loin de montagne tout aussi immense. Il y a la mer au bout, si je monte un peu, je peux la voir. Elle s'étale tout en grâce, avec ses milliers de nuances de bleu, de gris et de vert. Un courant chaud me fait monter un peu et j'en profite pour prendre de la vitesse, repliant mes grandes ailes contre moi je me laisse tomber. Je ne suis jamais allé aussi vite. J'ai presque du mal à respirer tellement je vais vite.

Pour de vrai, je suis assis en tailleurs sur mon tapis habituel de livre. Mon dos vouté se penche au-dessus d'un livre et mes yeux dévorent les mots à une vitesse qu'aucun autre Savant ne pourrait atteindre, sauf Katter bien entendu. Mes cheveux sont en bataille j'ai dû batailler et faire mille prouesses pour que ce livre veuille bien se faire lire. Mais je suis très content du résultat, je vole, dans la peau d'une mouette élégante. Parfois, quand je prends de la vitesse, un gloussement s'échappe des lèvres de mon corps. Je n'y peux rien, mais tant que personne ne me voit, ça ne me dérange pas.

Pourtant, des bruits de pas se font entendre. Rapide comme un chat, je relève la tête et regarde rapidement autour de moi. Et je le vois. Katter, mon Maïtre. Il a enlevé ses longues toges pour courir après un livre. C'est vrai qu'avec tous les morceaux de tissus qui le couvrent, il lui aurait été imposs- non, difficile d'attraper ce livre. Je le vois courir un peu, toujours rapide, mais le grimoire l'est encore plus. Ils s'approchent de moi. Je baisse la tête en rougissant, il ne faut pas qu'il me voit là, il semble bien s'amuser et savoir que je le vois jouer comme un enfant le gênerait peut_être. Pourtant, je trouve ça bien naturel. Enfin, pour Katter bien sûr. Je baisse donc la tête, me faisant tout petit parmi les livres. Ceux-ci gloussent un peu de ma timidité mais font de leur mieux pour me cacher.

Je sais pourtant qu'il allait finir par venir puisqu'il m'a convoqué ici mais...Comment dire... Je n'avais pas imaginé la rencontre comme cela. Mais qu'à cela ne tienne. Pour quelle mission a-t-il besoin de moi ? Cela faisait pourtant longtemps que je n'en avais pas eu. A Atlas je suis un peu les forces spéciales, je ne fais que des missions que seul moi suis en mesure de faire. Et je dois avouer que j'en tire une certaine fierté.

« Ne te cache pas, Pan. »

J'essaie de me faire encore plus petit et plaque ma main sur ma tête pour tenter de cacher mes cheveux qui m'ont trahi assurément. Mais cela ne sert à rien, Katter est à mes cotés en deux pas à peine et me regarde en souriant. Comme d'habitude, un sourire trace également mes lèvres, sans raison. C'est fou ce que je peux être bête parfois, mais on s'habitue à tout.

« Il est normal que de temps en temps, ce soit l'élève qui voit le Maître en train de faire des bêtises. »

Je ne sais pas trop quoi répondre. Attend t-il réellement une réponse ou quoi que ce soit ? J'hoche donc de la tête, d'un air compréhensif. je ne suis pas sûr que ce soit la bonne attitude, mais sur le coup, c'est tout ce qui m'est passé à l'esprit. Déplorable. Je me relève un peu, époussetant ma chemise et remettant en place la belle ceinture. Nous sommes vêtu de la même manière et cela me fait sourire. Pantalon chemise, voilà tout de même la meilleure tenue pour la chasse aux livres.

Katter tend la main, désignant un magnifique livre. J'ai moi aussi une bonne mémoire et pourtant, ce livre, je suis sur de ne l'avoir jamais vu. D'ailleurs, Katter a encore meilleure mémoire et s'il poursuit ce livre c'est aussi, j'en suis sûr, parce qu'il ne le reconnait pas. C'est vrai qu'il est beau ce grimoire, avec son joli cuir tanné qui semble un peu vieillit, juste assez pour être au sommet de sa beauté. Des yeux se sont dessinés sur sa couverture et il nous fixe, une lueur rieuse et un peu narquoise dans le regard. J'ai tout de suite envie de l'attraper.

« Aide-moi à l'attraper. »


J'hoche de la tête avec un petit côté militaire, je ne peux pas m'empêcher quand Katter me donne un ordre. Mais je lui suis un peu reconnaissant de cette diversion avant d'entrer dans un sujet bien sérieux.

Je regarde autour de moi, à la recherche d'une idée pour attraper le livre, mais les livres à nos côtés font semblant de ne rien voir. Rah ! Quelle jolie solidarité entre bouquins, c'est tout de même un chouilla embêtant parfois. Soit . J'attrape mon menton dans ma main et plisse un peu les yeux.


-Il nous faudrait un genre de grand filet à papillon...
soufflais-je avant de me rendre compte que j'avais parlé à haute voix, Heu non, c'est stupide, oubliez.

je sentis mon visage devenir cramoisi. Quel imbécile. J'ouvre si peu la bouche et c'est pour dire des imécilité. A tout les coups, Katter à une bien meilleure idée. La tête baissée, je regarde piteusement mes pieds. J'ose à peine jeter un coup d'oeil vers Katter.
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